J’ai expliqué la vision, le pourquoi, le comment. J’ai impliqué, informé et formé mon équipe. Et malgré tout ça, ils résistent encore. Je ne sais plus quoi faire. »
C’est ce qu’un gestionnaire me partageait récemment en coaching. Derrière ses mots, on pouvait presque sentir l’épuisement. L’impuissance aussi.
Quand on croit être face à de la résistance, le réflexe naturel est de pousser plus fort. Expliquer davantage. Convaincre encore. Parfois juger, ou se décourager.
Mais si on changeait légèrement de regard ? Si, au lieu de voir de la résistance, on portait attention aux réactions ?
Une réaction, ça ne se combat pas. Ça s’accueille, ça s’écoute, ça se comprend. Et ça raconte presque toujours quelque chose.
Parfois de la peur. Parfois de la colère. Parfois de la tristesse. Et parfois des deuils silencieux qu’on n’a pas pris le temps de vivre, ou que personne n’a pris le temps d’écouter.
J’ai peur de ne plus être compétent.
J’ai travaillé des mois sur cette plateforme pour l’améliorer, et aujourd’hui on la décommissionne.
C’est difficile d’arriver dans une équipe qui se connaît déjà. Vais-je trouver ma place ? Est-ce qu’on va m’accepter ?
Quand on entend ça, le regard change. On cesse, un instant, de vouloir convaincre. Et on commence peut-être par demander : qu’est-ce que ce changement te fait vivre ? De quoi as-tu besoin pour le traverser ?
Des questions simples. Mais qui ouvrent des espaces que même les meilleurs plans de gestion du changement n’arrivent pas à créer.
Et si, avant de chercher à comprendre les réactions des autres, on prenait un instant pour écouter les nôtres ? Comme leader. Comme humain.
Qu’est-ce qu’elles cherchent, elles, à nous raconter ?













